Un défenseur de notre environnement...

L’affaire du projet d’incinérateur à Fos, devenue désormais nationale, n’a malheureusement pas fini de défrayer la chronique. Au-delà des nombreuses irrégularités au plan légal et des postures scandaleuses au plan moral qui en sont les bases et le moteur, elle est pour moi symptomatique de l’indifférence assez générale dans laquelle est tenue la dimension humaine de ce magnifique site industriel. Certains, et pas des moindres, l’imaginaient comme extraterritorial, déconnecté de toute contrainte relevant du cadre de vie (urbanisme, équipements, logement, accompagnement social, emploi) et dédié à l’industrie, dans ce qu’elle a de pire quand elle ne prend en compte que la seule rentabilité et la logique aveugle du profit. Fos-sur-Mer, le cœur même de notre intercommunalité, qui irrigue la dynamique solidaire de Ouest Provence, est tout le contraire de ce que peuvent en dire ou en penser les stratèges au service d’intérêts particuliers. Depuis 30 ans, la zone de Fos-sur-Mer et son hinterland urbain ont noué une relation d’autant plus forte qu’elle paraissait difficile à l’origine. On ne dira jamais assez qu’ici ont été initiés des partenariats exemplaires et innovants entre l’industrie et les populations qui l’entourent dans un esprit d’ouverture et de respect mutuels. Il n’a jamais été question pour les élus de notre intercommunalité de jeter le bébé à l’eau du bain et c’est avec bonheur, que nous accompagnons le plus activement possible les grands projets d’implantation programmés sur les prochaines années avec plusieurs milliers d’emplois à la clef. Ce développement spectaculaire et sans comparaison dans les Bouches du Rhône, devra s’accompagner des infrastructures nécessaires en matière de transports, de logements et d’équipements urbains. Dans le défi qui nous attend, nous avons besoin d’entreprises citoyennes intégrées dans le tissu social et en phase avec notre conjoncture territoriale exceptionnelle. Les tenants du seul profit qui voudraient encore ignorer la réalité humaine que nous privilégions, devront réviser leur projet. Bernard GRANIE Président de Ouest Provence
Nos élus témoignent...
Ségolène Royal, Député socialiste des Deux-Sèvres, Présidente du Conseil Régional Poitou-Charentes.
« Face à votre mobilisation, je veux vous dire qu’il ne faut plus laisser construire d’incinérateur en France. Il y a longtemps que les Allemands, les Suédois n’en n’acceptent plus sur leur territoire. Ces équipements polluants coûtent de surcroît, horriblement cher. Les lobbies de l’incinération sont puissants en France et les enjeux financiers de taille, mais l’incinérateur c’est la solution de facilité qui produit toujours plus de déchets et cause de graves problèmes de pollution ; Je me suis personnellement opposée à l’implantation d’un incinérateur dans le marais poitevin et du coup nous avons réfléchi avec la population à la mise en place de solutions alternatives. Le traitement des déchets ne fera pas tout seul, il faut travailler à leur réduction à la source, repenser nos modes de production et de consommation, basés sur une société du gaspillage et de profits sources de pollution. Il n’existe pas une solution mais plusieurs solutions alternatives à l’incinération, respectueuses de l’environnement et des populations, sources de richesses et d’emplois locaux et porteuses d’innovations technologiques. Votre action sera exemplaire au niveau national, parce qu’elle pose de vrais enjeux pour notre société et parce qu’elle est le reflet de la nécessaire transparence dans l’action et les décisions politiques. Il faut faire le pari de l’intelligence collective et en matière environnementale créer les conditions d’un vrai débat public ». Christophe MASSE, Député socialiste des Bouches du Rhône. « Votre démarche est un bel exemple de démocratie : venir au cœur même des institutions la République, interroger le législateur sur des points juridiques et techniques très pointus, et faire évoluer la loi sur notamment les pouvoirs des maires en matière d’urbanisme ou sur la nécessité du débat public constitue un modèle du genre ». Jean-Marc AYRAULT, Président du groupe socialiste à l’ Assemblée Nationale, Député-Maire de Nantes et Président de la Communauté Urbaine de Nantes.
« Au sein de la Communauté Urbaine de Nantes, nous nous sommes engagés moralement à jamais imposer un équipement communautaire à une commune qui ne le souhaiterait pas. Je vois mal comment une intercommunalité pourrait imposer un projet à une autre, sans concertation, sur le territoire de cette dernière. Je conçois que dans un souci d’intérêt général, certains permis de construire soient accordés par l’Etat, mais il faut corriger certains excès qui aboutissent à un usage abusif de ce pouvoir. Concernant le traitement et la valorisation des déchets, je suis très étonné que dans le cadre du plan départemental validé par le représentant de l’Etat, une intercommunalité puisse porter un projet qui ne soit pas conforme à ce plan. Cette décision autoritaire, prise sans aucune concertation avec le public, risque de créer un précèdent national… Je m’engage, au nom du groupe socialiste, à travailler à une proposition de loi qui traiterait à la fois la question du débat public, des conditions d’attribution des permis de construire et enfin à lancer un débat national sur les traitements des déchets ».