BAYROU est de droite, c'est ma position...

Publié le par Jean-Philippe GARCIA Secrétaire de Section

Les militants PS pas étonnés par la percée de Bayrou

Publié le vendredi 16 mars 2007 à 05H13

Ils avancent plusieurs raisons et certains sont inquiets

 Photo AFP  Thomas HOLLANDE

Il est l'homme que le PS n'attendait pas. François Bayrou, le candidat UDF à la présidentielle, pourrait être bien plus que le troisième homme. Désormais, il talonne de deux points la présidentiable socialiste. Et grignote davantage de voix à gauche qu'à droite. Devant cette percée inédite, les militants socialistes se dopent à la méthode Coué, même si certains ne cachent pas leurs craintes.

"Je suis inquiète, avoue Jacqueline Melone, 68 ans, universitaire à la retraite, militante marseillaise depuis plus de trente ans. Je ne voudrais pas d'un second tour Sarko-Bayrou, le candidat UDF est un imposteur, un homme de droite qui a participé aux gouvernements Juppé et Balladur, les gens ont la mémoire courte". Pour elle, l'effet Bayrou est dû au "manque de culture politique de certains qui prônent le ni droite, ni gauche et à la dépolitisation de la société".

Une dépolitisation à l'origine de la fuite des enseignants, "notamment les nouveaux", vers le prétendant centriste. Quant aux anciens, "ils n'ont toujours pas digéré Claude Allègre!" poursuit la sexagénaire qui ne veut pas "pas baisser la garde". Elle craint surtout le vote des "nonistes", ceux qui ont refusé le traité européen: "C'était un vote sanction, or le 22 avril, ils peuvent encore sanctionner la bipolarisation" .

La cote de François Bayrou met également en lumière la difficile capacité de Ségolène Royal à ratisser large, ce qui était pourtant son atout d'avant-campagne. "Ne perdons pas notre identité et concentrons-nous sur notre travail qui est de populariser les propositions de Ségolène Royal" poursuit Amine El Kathmi, un jeune d'Avignon de 19 ans qui a rejoint la "Ségosphère", le mouvement des jeunes de la candidate.

Toujours fortement populaire chez les moins de 25 ans, elle se fait rattraper là encore par son rival centriste. "Les jeunes n'ont pas une bonne image de la politique et ne sont pas politisés" se défend Amine précisant que Bayrou n'avance "aucune proposition pour les jeunes et n'a aucun programme".

Reste que cette concurrence inattendue révèle des failles dans la stratégie du PS. "Tout le monde a sa part de responsabilité, le parti n'a pas su parler d'une même voix, la candidate n'apas de dynamique assez forte pour rendre lisible son pacte et la gauche est trop faible" selon Michel Tagawa, fonctionnaire marseillais de 54 ans dont dix de militantisme, pour qui, cependant , "rien n'est joué".

Nombreux sont ceux qui tablent sur la volatilité du vote Bayrou et "la surenchère à laquelle aiment visiblement se prêter les électeurs" souligne Frédéric Vigouroux, de la section de Miramas, pour se rassurer. Ce cadre fédéral est davantage préoccupé par "Le Pen qui est en train de monter comme en 2002 à la même époque car c'est lui le réel candidat anti-système et il est sous-évalué".

D'autres, à l'image de Jean-Philippe Garcia de Port-de-Bouc , âgé de 43ans et encarté depuis 1997, espèrent "un retour aux fondamentaux" à mesure que la campagne s'accélère. "On n'y est pas encore mais au moment crucial, les Français auront besoin de s'identifier, ça se fera naturellement".

Marjory Chouraqui (mchouraqui@laprovence-presse.fr )

Publié dans Les présidentielles

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